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avr 04

Les forts de la rade de Cherbourg

Les forts de la rade de Cherbourg


Plan de la rade de Cherbourg.
La digue du large

Cherbourg est situé en bordure de mer, sans rade naturelle ni promontoire rocheux pouvant assurer par des bastions sa protection.Une digue fut alors construite et, à ses extrémités, des bastions armés en permanence assuraient la défense du port et de la rade ainsi constituée. A l’ouest s’élevait le fort de Querqueville prolongé par celui de Chavagnac, puis, sur la digue elle-même, le fort de l’ouest – la batterie Napoléon dénommée par la suite fort central – le fort de l’Est et enfin la batterie de l »ile Pelée. A l’époque de sa creation, il fallait protéger efficacement contre les assauts répétés de la mer et surtout contre un éventuel agresseur les navires qui venaient y mouiller. La digue se présente aujourd’hui, sur les 3700 mètres de sa longueur, sous la forme d’un ouvrage mixte : digue à talus à pente très douce vers le large, d’une largeur de 100 mètres à la base, couronnée par une muraille en maçonnerie, reposant sur un soubassement en béton d’une largeur moyenne de 10 mètres. Le parapet culmine côté mer à 3.75 mètres au-dessus des plus hautes eaux.

Fort du Homet
A partir de 1779 (sur l’emplacement d’une batterie du XVII siècle).
Fonction : Systéme défensif de la rade de Cherbourg et accès à la petite rade.

Nature : Ouvrage présentant. initialement. la forme d’un polygone irrégulier à 7 faces. Il comprenait un réduit intérieur avec 2 niveaux de batteries casematées et une plate-forme pour le tir a barbette autour d une cour centrale. Un fossé séparait le réduit de l’enveloppe extérieure. garnie de casemates sur ses faces tournèes vers le large Declassé dès l875, du fait de sa position moins avantageuse que celle des nouveaux bastions de l’arsenal, il n a pas été bétonné. Cependant son enveloppe. ses fossés et une grande partie de son réduit ont été détruits à l’occasion de travaux effectués dans l’arsenal. Ingénieur Pierre Jean de Caux.
Situation: A l’intérieur de l’arsenal.


Fort de l’île Pelèe.
Fort de l’île Pelèe
Construit de 1779 à 1792.
Fonction: Systême défensif de la rade de Cherbourg – passe de l’est.

Nature: Louis XVI ordonna en 1779 la construction du fort de l’île Pelée. Activement menés à partir de 1782, les travaux furent placés sous la responsabilité de Pierre-Jean de Caux, directeur des fortifications de Basse Normandie De même que les autres forts de la digue. cet ouvrage s’articule autour d’une cour centrale. Par contre sa forme est proche de celle d’un hémicycle. Il comptait, à l’origine, 2 niveaux, le premier destiné aux magasins et le second abritant des batteries casematées tandis que l’ensemble était surmonté d’une terrasse abritant une batterie protégée par un parapet crénelé. Ce réduit était entouré d’un fossé et. du côté le plus exposé vers le nord et l’ouest, d’une batterie sous casemates en arc de cercle épousant la forme du donjon. Les progrès de l’artillerie au XIX siècle. ont entraîné vers 1898 un remodelage complet du fort. Son sommet a été écrêté et l’ensemble bétonné. Un petit port protégé par deux épis en maçonnerie et pourvu d’un plan incliné en granit a été créé devant le fort.
Le fort de l’île Pelée eut de nombreuses appélations : fort royal, par la suite impérial , puis national pour revenir à son nom d’origine en 1848. Prison politique sous pratiquement tous les régimes, le fort reçut sous la Terreur le célèbre Vadier, président du Comité de sûreté générale et plus de 250 insurgés lors des événements de 1848. Les progrès de l’artillerie au XIXe siècle, avec l’apparition de l’obus torpille en 1885, entraîna vers 1898 un remodelage complet : son sommet fut écrêté et l’ensemble bétonné. L’on ne conserve donc aujourd’hui des fondations XVIIIe que la façade principale et les soubassements. L’état-major dota en même temps l’île Pelée des dernières innovations de l’époque ascenseur et, plus spectaculaire, une centrale électrique dont le fort partageait alors le privilège avec la tour Eiffel. A l’aube de la première guerre mondiale, l’intérêt stratégique de défendre la passe Est de la grande rade s’estompa et les 250 soldats quittèrent alors le site en 1920.
Situation : Ile Pelée. terrain militaire. A 3.7 kilomètres de l’avant port.


Fort Chavagnac
Fort Chavagnac
A partir de 1854.
Fonction: Système défensif de la rade de Cherbourg. passe de l’ouest.

Nature: Fort établi sur une roche en mer, repérée par le compte de Chavagnac lors de ses travaux de sondage de la rade en 1787. Construit pour mieux surveiller et défendre les abords de la passe ouest, l’ouvrage adopte une forme triangulaire aux angles arrondis. Vers 1846, il avait été prévu une couronne de casemates en granit entourant une cour centrale. En raison des perfectionnements de l’artillerie, on a retenu. lors de sa construction, la création de coupoles tournantes cuirassées. Le fort était protégé par un parapet en maçonnerie de 5 m d’épaisseur, précédé d’un mur brise-lames de 3 m d’épaisseur. Il a été bétonné à la fin du XIX siècle avec mise en place de pièces de rupture de casemates et pièces de 32 cm tirant à barbette sur les dessus. Pour son électrification, le materiel débarqué du cuirassé Le Tonnant est récupéré en 1894. Le fort est auiourd’hui, à l’abandon.
Situation: îlot dans la grande rade.


Fort de l’Est
Forts des Musoirs Est et Ouest de la digue
A partir de 1851.
Fonction: Système défensif de la rade de Cherbourg, protection des passes.

Nature: En 1829, un projet de batterie est présenté pour le musoir ouest. Autour d’une cour circulaire, le fort est construit avec deux étages de casemates, surmontés d’une batterie à ciel ouvert, avec parapet en terre enveloppé d’une chemise en brique. La disposition est similaire à celle du fort central.
L’étage inférieur est affecté au logement de la garnison, forte de 150 hommes. Il renferme également des magasins à poudre.


Fort de l’Ouest

Le fort de l’ouest est doté d’un phare et d’un port.Vers 1890, le fort est arasé et betonné. Deux pièces de rupture de 32 cm sont placées sous casemate pour couvrir la passe ouest. Les locaux sous béton du côté rade sont affectés aux logements, mes autres au stockage des projectiles et gargousses. Une batterie de gros calibre est aménagée sur le dessus. Semblable au fort du musoir ouest, le fort du musoir est subit des dégradations mortelles en 1940, lorsque la ville de Cherbourg fut investie par les troupes allemandes, un officier du génie français fit sauter la batterie de marine qui s’y trouvait installée, détruisant du même coup l’ouvrage tout entier. Aujourd’hui, il ne reste plus rien du bastion. Si ce n’est d’immenses blocs de béton pesant plusieurs tonnes et deux canons de marine montés sur crinoline perdus au milieu des éboulis. Situation: Digue du large.


Fort Central
Fort Central de la digue
A partir de 1793.
Fonction: Système défensif de la rade de Cherbourg, vers le large.

Nature: Fort de forme elliptique, à cour intérieure, comportant à l’origine 3 niveaux de feux dont 2 casematés et une plate-forme à barbette. Une batterie d’enveloppe. à ciel ouvert, couvrait le fort, vers le large. Deux ports de service existent de part et d’autre du fort, à l’intérieur de la rade. Ce fort a été arasé et bétonné a la fin du XIX siècle: deux casernes extérieures ont été construites a cette occasion.
Depuis 1824, les assauts parfois violents des éléments marins n’ont pas entamé le puissant ouvrage dont la masse imposante, surmontée d’un puissant poste de direction de tir, s’élève au-dessus des flots. bravant de sa silhouette guerrière quiconque voudrait s’en prendre à ses mystères cachés… Sous l’occupation, la structure du fort central fut modifiée pour les besoins de la circonstance. Les Allemands, ayant pris possession de la position, en firent un point stratégique destiné à défendre les passes de l’ouest et de l’est au moyen de canons de 94 mm installés au sommet du fort. Quatre encuvements pour pièces antiaériennes de 37 mm flak 37 devaient interdire le survol de l’endroit. Un poste de direction de tir à 3 niveaux, relié directement aux galeries souterraines de l’ouvrage, dirigeait le feu des canons au moyen d’un télémètre de marine et d’une lunette goniométrique. Dans les dessous, les locaux furent transformés et adaptés aux besoins de la garnison (cuisine, logements, cambuse, transmissions, salle des groupes, ateliers, soutes à munitions). Que reste-t-il aujourd’hui des installations, après les années de guerre durant lesquelles l’ouvrage fut souvent bombardé et la libération qui vit se dérouler des combats meurtriers à Cherbourg ? Au-dessus de l’ouvrage subsiste un canon de 37 mm dans son encuvement. On peut également voir l’imposant poste de direction de tir avec ses portes blindées et les accès aux galeries inférieures. L’appareillage impressionnant de l’ensemble du monte-charge est toujours en place ainsi que, dans les soutes à munitions, les treillis métalliques porteurs du système de levage des obus. Dans la salle des groupes, un moteur de marque Alsthom attend sur son socle, masse impressionnante dans le milieu environnant. Sur le sol, un réseau de rails de type Décauville parcourt l’ensemble de la fortification. Dans une maison avoisinante, une peinture murale d’environ 2 m sur 2 m et une phrase en lettres gothiques témoignent des derniers occupants du fort. L’accès de l’ouvrage est interdit au public seuls les goélands y font leurs nichées sans être dérangés le moins du monde dans leurs ébats amoureux.
Situation: Digue du large.


Fort de Querqueville.
Fort de Querqueville
A partir de 1787.
Fonction: Système défensif de la rade de Cherbourg.

Nature : Occupe la pointe des rochers bornant la rade à l’ouest. Il comprend une batterie semi-circulaire de cinquante trois casemates à la gorge par une caserne imposante à deux ailes rentrantes. Côté terre, la batterie est défendue par un ouvrage à cornes flanqué par une sorte de bastion détaché. Un fossé en eau, avec escarpe et contrescarpe revêtues, précède le front retranché long de 800 mètres. Deux batteries de côte de gros calibres sont aménagées aux extrémités de l’ouvrage vers 1879 et modifiées après 1901.

(D’après un article de Cols Bleus. Septembre 1987)

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